Sucre & substrats sucrés
- Sucre de bouche
- Industries agro-alimentaires
- Industrie de la fermentation (levures)
Derrière chaque carré de sucre ou chaque litre d'éthanol, il y a 23 000 planteurs de betteraves, 70 000 emplois et toute une filière qui perd dangereusement du terrain. Une concurrence déloyale qui met à mal toute une filière qui s'éteint dans le silence et dans l'indifférence de nos dirigeants politiques.
La production française représente 32 % de la production européenne de betteraves.
La France est 1ᵉʳ producteur européen et 9ᵉ producteur mondial de sucre.
Depuis la fin des quotas sucriers en 2017, la France perd du terrain au profit de ses concurrents, qui ont tous augmenté leurs surfaces tandis que la sole française peine à maintenir son niveau. Les facteurs de compétitivité (rendements, coûts et efficacité de la protection phytosanitaire) sont redevenus déterminants. Depuis 2019, le rendement national est en baisse : il est devenu inférieur à 80 tonnes/ha, du jamais-vu depuis 2007.
Évolution des surfaces de betteraves des 4 premiers pays européens depuis la fin des quotas. Pour la France : −75 000 hectares en 7 ans.
Les coûts de production ont explosé (intrants, énergie, mécanisation…), passant d'une moyenne de 2 300 €/ha (2013-2015) à 2 900 €/ha (2023-2025), soit +25 % en 10 ans.
Parole de betteravierMoins de surfaces de betteraves, c'est moins d'usines et moins d'emplois dans nos territoires. C'est aussi moins de souveraineté alimentaire et énergétique. Est-ce vraiment ce que l'on veut ?
La jaunisse de la betterave constitue aujourd'hui l'une des principales menaces agronomiques pour la filière : une maladie complexe, liée à quatre virus distincts transmis par différents pucerons. Une fois infectée, la betterave voit sa photosynthèse perturbée, et son taux de sucre comme son rendement chuter.
Les pertes peuvent atteindre 70 % à l'échelle d'une parcelle, soit environ 2 200 € de chiffre d'affaires par hectare. En 2026, la filière reste dans l'impasse technique, sans solution contre la jaunisse.
Parole de betteravierProduire des betteraves aujourd'hui en France est devenu à la fois très contraignant et très risqué.
La protection contre les pucerons repose sur deux néonicotinoïdes (imidaclopride et thiaméthoxame) en enrobage de semences, offrant une protection efficace à faible coût.
L'interdiction française des néonicotinoïdes conduit à recourir à des solutions alternatives en pulvérisation (Movento, Teppeki).
Ces solutions se révèlent insuffisantes en cas de forte pression : 30 % de pertes de production, jusqu'à 70 % dans les régions les plus touchées, 280 millions d'euros de pertes pour les betteraviers.
À la suite de la crise de la jaunisse de 2020, l'utilisation des deux molécules est ré-autorisée en 2021 et 2022.
La Cour de justice de l'UE met fin aux dérogations, plaçant de nouveau la filière française dans une impasse technique en cas de forte infestation.
L'autorisation européenne du spirotétramate (Movento) prend fin : l'incertitude croissante sur l'avenir de certaines substances se confirme.
Campagne 2026 : l'arrivée des pucerons a été très précoce et massive, attaquant les betteraves au stade le plus vulnérable. Toujours aucune solution validée.

Un important effort de recherche engagé depuis 2020. Malgré des pistes prometteuses, aucune solution alternative opérationnelle n'a été identifiée à ce jour.
Découvrir le PNRI-C ↗« Pour certaines filières, il n'existe aujourd'hui aucune alternative opérationnelle permettant un contrôle complet en cas de très forte infestation. »Consulter le rapport INRAE ↗
1 % seulement de pucerons porteurs du virus arrivant sur une parcelle suffit à induire une situation à risque. La maîtrise de la jaunisse dépend aujourd'hui largement des conditions climatiques, et non de l'action des planteurs. Les alternatives disponibles n'atteignent pas le niveau d'efficacité des solutions existantes ou passées : pour les planteurs français, le risque jaunisse n'est pas maîtrisable.
Parole de betteravierLes betteraviers français ont besoin de moyens de production durables pour continuer à produire avec moins de risques.
Des solutions existent et sont déjà utilisées par tous nos voisins européens. Deux substances actives complémentaires, l'acétamipride et la flupyradifurone, autorisées au niveau européen, assurent une protection efficace contre les pucerons et la jaunisse. Depuis 2023, elles sont utilisées par l'ensemble des pays producteurs concurrents.
Dernier représentant de la famille des néonicotinoïdes ; profil toxicologique particulièrement étudié, y compris sur la base d'études fournies par la France depuis 2016. Pour autant, l'agence de santé européenne a toujours conclu au maintien de l'autorisation de cette matière active, du fait d'un risque conforme aux standards européens en la matière.
Sa généralisation en enrobage de semences s'est confirmée dans les pays producteurs en 2026.
des pays producteurs de betteraves de l'UE utilisent ces solutions.
1 seul ne le fait pas : la France.
Survolez (ou touchez) un pays. Source : CGB · usage 2026.
Sur l'acétamipride et la flupyradifurone
Certains États, comme la Belgique, ont même récemment accordé des autorisations complètes · en traitement foliaire et en enrobage de semences · sur la base des connaissances scientifiques les plus récentes.
L'acétamipride a été utilisée en France entre 2005 et 2019 en arboriculture, sans signalement d'incident significatif, y compris en matière de santé des abeilles.
Parole d'expertL'acétamipride ne présente pas de danger pour la santé humaine, les animaux ou l'environnement.
La situation française prive les producteurs nationaux de produits de protection pourtant autorisés ailleurs dans l'Union européenne, tout en les exposant à une concurrence directe sur un marché unique. Comment convaincre les 26 autres pays européens · qui autorisent ces substances sur de nombreuses productions agricoles · quand ils s'appuient sur les recommandations de l'agence de santé européenne, à laquelle tous les États membres ont délégué leurs compétences ?
Il est nécessaire de changer la loi, pour redonner aux betteraviers français les mêmes moyens de lutte que leurs voisins européens.
Harmoniser les moyens de protection des betteraves au niveau européen, dans le respect du cadre réglementaire existant.
La recherche entamée depuis 2020 a permis d'améliorer la connaissance des virus de la jaunisse. Son financement doit se poursuivre pour aboutir à des solutions applicables par les agriculteurs et sortir de l'impasse technique, comme le rappelle l'INRAE en octobre 2025.
Consulter le rapport INRAE ↗Filet de sécurité sur les prix, contrôle des importations.
Une filière en danger ! Notre souveraineté est en jeu. Il est encore temps d'agir.

« Nous demandons aux responsables politiques de ne pas abandonner cette belle filière et de changer la loi afin de redonner aux agriculteurs français les mêmes moyens de protection des cultures que ceux à disposition de nos concurrents européens, pour continuer à nourrir les Français et à produire l'énergie de demain. »