Une filière en danger

Betterave sucrière française : une filière en danger !

Derrière chaque carré de sucre ou chaque litre d'éthanol, il y a 23 000 planteurs de betteraves, 70 000 emplois et toute une filière qui perd dangereusement du terrain. Une concurrence déloyale qui met à mal toute une filière qui s'éteint dans le silence et dans l'indifférence de nos dirigeants politiques.

01Une filière : un pilier
La filière en chiffres

Une filière au cœur de la souveraineté
de la France et de l'UE.

  1. 0
    planteurs
  2. 0
    emplois directs, indirects et induits
  3. 0ᵉʳ
    producteur européen de sucre

Les chiffres clés de la filière 2025/2026

La production française représente 32 % de la production européenne de betteraves.

397 400hectares de betteraves36,3 Mtde betteraves4,6 Mtde sucre8 Mhld'alcool de betterave19usines sucrières3groupes sucriers1,1 Mrd €d'excédent commercial

La France est 1ᵉʳ producteur européen et 9ᵉ producteur mondial de sucre.

#Souveraineté

Elle doit aussi se raisonner à l'échelle européenne !

  • La France produit 180 % de ses besoins en sucre. Elle contribue ainsi à la quasi autosuffisance de l'Union européenne, en fournissant des pays voisins comme l'Espagne et l'Italie (près de 2 millions de tonnes exportées pour combler leurs déficits).
  • Alors que la France importe une part croissante de son alimentation, la filière betterave sucre est exportatrice nette et contribue à rééquilibrer notre balance commerciale.
Une plante 100 % utile

La betterave sucrière,
100 % utile.

80 %

Sucre & substrats sucrés

  • Sucre de bouche
  • Industries agro-alimentaires
  • Industrie de la fermentation (levures)
20 %

Alcool

  • Bioéthanol
  • Gel hydroalcoolique
  • Parfum
  • Pharmacie
  • Chimie
  • Spiritueux
Zéro déchet

Pulpes

  • Alimentation des bovins
  • Méthanisation

Écumes & vinasses

  • Fertilisants
Une filière fragilisée

Le décrochage français

Depuis la fin des quotas sucriers en 2017, la France perd du terrain au profit de ses concurrents, qui ont tous augmenté leurs surfaces tandis que la sole française peine à maintenir son niveau. Les facteurs de compétitivité (rendements, coûts et efficacité de la protection phytosanitaire) sont redevenus déterminants. Depuis 2019, le rendement national est en baisse : il est devenu inférieur à 80 tonnes/ha, du jamais-vu depuis 2007.

  • Baisse des revenus agricoles et des surfaces cultivées
  • Sous-utilisation des outils industriels
  • Casse industrielle : fermetures de 6 sucreries en seulement 7 ans
Évolution des surfaces depuis la fin des quotas
Pologne
+26 %
Pays-Bas
+14 %
Allemagne
0 %
France
-6 %

Évolution des surfaces de betteraves des 4 premiers pays européens depuis la fin des quotas. Pour la France : −75 000 hectares en 7 ans.

Le saviez-vous ?

Les coûts de production ont explosé (intrants, énergie, mécanisation…), passant d'une moyenne de 2 300 €/ha (2013-2015) à 2 900 €/ha (2023-2025), soit +25 % en 10 ans.

Cyrille MilardParole de betteravier
Moins de surfaces de betteraves, c'est moins d'usines et moins d'emplois dans nos territoires. C'est aussi moins de souveraineté alimentaire et énergétique. Est-ce vraiment ce que l'on veut ?
Cyrille MilardBetteravier en Île-de-France
Photo : CGB
02La jaunisse : un fléau
La menace agronomique

Jaunisse : un fléau et une menace pour la filière

La jaunisse de la betterave constitue aujourd'hui l'une des principales menaces agronomiques pour la filière : une maladie complexe, liée à quatre virus distincts transmis par différents pucerons. Une fois infectée, la betterave voit sa photosynthèse perturbée, et son taux de sucre comme son rendement chuter.

0
virus distincts
transmis par différents pucerons
0%
de pertes possibles
sur une parcelle touchée
0M€
de pertes
pour les betteraviers en 2020

Les pertes peuvent atteindre 70 % à l'échelle d'une parcelle, soit environ 2 200 € de chiffre d'affaires par hectare. En 2026, la filière reste dans l'impasse technique, sans solution contre la jaunisse.

Fabien HamotParole de betteravier
Produire des betteraves aujourd'hui en France est devenu à la fois très contraignant et très risqué.
Fabien HamotBetteravier dans la Somme
Photo : CGB
1993 → 2026

Des planteurs
désarmés.

  1. 1993–2018

    Une protection efficace

    La protection contre les pucerons repose sur deux néonicotinoïdes (imidaclopride et thiaméthoxame) en enrobage de semences, offrant une protection efficace à faible coût.

  2. 2018

    Interdiction française

    L'interdiction française des néonicotinoïdes conduit à recourir à des solutions alternatives en pulvérisation (Movento, Teppeki).

  3. 2020

    La crise de la jaunisse

    Ces solutions se révèlent insuffisantes en cas de forte pression : 30 % de pertes de production, jusqu'à 70 % dans les régions les plus touchées, 280 millions d'euros de pertes pour les betteraviers.

  4. 2021–2022

    Dérogations d'urgence

    À la suite de la crise de la jaunisse de 2020, l'utilisation des deux molécules est ré-autorisée en 2021 et 2022.

  5. 2023

    La justice européenne tranche

    La Cour de justice de l'UE met fin aux dérogations, plaçant de nouveau la filière française dans une impasse technique en cas de forte infestation.

  6. nov. 2025

    Une arme de plus en moins

    L'autorisation européenne du spirotétramate (Movento) prend fin : l'incertitude croissante sur l'avenir de certaines substances se confirme.

  7. 2026

    Toujours dans l'impasse

    Campagne 2026 : l'arrivée des pucerons a été très précoce et massive, attaquant les betteraves au stade le plus vulnérable. Toujours aucune solution validée.

La recherche

Une impasse non levée par la recherche à ce jour

24 M€investis depuis 2020

Un important effort de recherche engagé depuis 2020. Malgré des pistes prometteuses, aucune solution alternative opérationnelle n'a été identifiée à ce jour.

Découvrir le PNRI-C
Rapport INRAE · octobre 2025
« Pour certaines filières, il n'existe aujourd'hui aucune alternative opérationnelle permettant un contrôle complet en cas de très forte infestation. »
Consulter le rapport INRAE

1 % seulement de pucerons porteurs du virus arrivant sur une parcelle suffit à induire une situation à risque. La maîtrise de la jaunisse dépend aujourd'hui largement des conditions climatiques, et non de l'action des planteurs. Les alternatives disponibles n'atteignent pas le niveau d'efficacité des solutions existantes ou passées : pour les planteurs français, le risque jaunisse n'est pas maîtrisable.

Alexandre PeléParole de betteravier
Les betteraviers français ont besoin de moyens de production durables pour continuer à produire avec moins de risques.
Alexandre PeléBetteravier en Centre-Val de Loire
Photo : Germain Schmitt
03Stop à la distorsion de concurrence
Une situation absurde

Stop à la distorsion de concurrence :
une situation absurde !

Des solutions existent et sont déjà utilisées par tous nos voisins européens. Deux substances actives complémentaires, l'acétamipride et la flupyradifurone, autorisées au niveau européen, assurent une protection efficace contre les pucerons et la jaunisse. Depuis 2023, elles sont utilisées par l'ensemble des pays producteurs concurrents.

Acétamipride
Traitement foliaire

Dernier représentant de la famille des néonicotinoïdes ; profil toxicologique particulièrement étudié, y compris sur la base d'études fournies par la France depuis 2016. Pour autant, l'agence de santé européenne a toujours conclu au maintien de l'autorisation de cette matière active, du fait d'un risque conforme aux standards européens en la matière.

Flupyradifurone
Traitement de semences + foliaire

Sa généralisation en enrobage de semences s'est confirmée dans les pays producteurs en 2026.

0 / 17

des pays producteurs de betteraves de l'UE utilisent ces solutions.

1 seul ne le fait pas : la France.

Utilisation d'acétamipride & flupyradifurone sur betterave en Europe · 2026
Flupyradifurone en traitement de semences (FTS)FTS + acétamipride ou flupyradifurone en aspersionFTS + flupyradifurone en aspersion + acétamiprideAcétamipride + flupyradifurone en aspersion (Royaume-Uni)Interdites en France(seul pays producteur)

Survolez (ou touchez) un pays. Source : CGB · usage 2026.

Que dit la science ?

Sur l'acétamipride et la flupyradifurone

  • Autorisé par l'EFSA
    autorité européenne de sécurité des aliments
  • Autorisé par l'ANSES
    agence sanitaire française
  • Autorisé chez nos voisins
    16 pays producteurs de betteraves sur 17
  • Interdit en France
    seule exception du marché unique
Belgique

Certains États, comme la Belgique, ont même récemment accordé des autorisations complètes · en traitement foliaire et en enrobage de semences · sur la base des connaissances scientifiques les plus récentes.

Le saviez-vous ?

L'acétamipride a été utilisée en France entre 2005 et 2019 en arboriculture, sans signalement d'incident significatif, y compris en matière de santé des abeilles.

Eva HrnčířováParole d'expert
L'acétamipride ne présente pas de danger pour la santé humaine, les animaux ou l'environnement.
Eva HrnčířováPorte-parole de la Commission européenneVoir l'interview
Photo : Greg Montani
Changer la loi

La loi doit prendre en compte la réalité du terrain et la science

La situation française prive les producteurs nationaux de produits de protection pourtant autorisés ailleurs dans l'Union européenne, tout en les exposant à une concurrence directe sur un marché unique. Comment convaincre les 26 autres pays européens · qui autorisent ces substances sur de nombreuses productions agricoles · quand ils s'appuient sur les recommandations de l'agence de santé européenne, à laquelle tous les États membres ont délégué leurs compétences ?

Il est nécessaire de changer la loi, pour redonner aux betteraviers français les mêmes moyens de lutte que leurs voisins européens.

04Nos demandes
Nos demandes

Nos demandes.

Les mêmes outils que nos voisins.

Harmoniser les moyens de protection des betteraves au niveau européen, dans le respect du cadre réglementaire existant.

Continuer à soutenir la recherche.

La recherche entamée depuis 2020 a permis d'améliorer la connaissance des virus de la jaunisse. Son financement doit se poursuivre pour aboutir à des solutions applicables par les agriculteurs et sortir de l'impasse technique, comme le rappelle l'INRAE en octobre 2025.

Consulter le rapport INRAE

Renforcer la gestion des marchés.

Filet de sécurité sur les prix, contrôle des importations.

Une filière en danger ! Notre souveraineté est en jeu. Il est encore temps d'agir.

Franck Sander
« Nous demandons aux responsables politiques de ne pas abandonner cette belle filière et de changer la loi afin de redonner aux agriculteurs français les mêmes moyens de protection des cultures que ceux à disposition de nos concurrents européens, pour continuer à nourrir les Français et à produire l'énergie de demain. »
Franck SanderPrésident de la CGB
#LaBetteraveEnDanger · pour l'avenir de la filière betteravière française.
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